CONTEXTE HISTORIQUE NATIONAL

Un peu partout en Europe, la seconde guerre mondiale a engendré des mouvements de résistance. Ce phénomène est lié à la défaite et à l´occupation du pays.En moins de six semaines (10 mai 1940 à la fin juin), la population française vit un cauchemar : six millions de réfugiés sont sur les routes, fuyant l'avance ennemie. Le gouvernement s´effondre. Le 17 juin, le nouveau président du Conseil, le maréchal Pétain, demande l'armistice qui est signé le 22 juin 1940. Dès lors, le pays vaincu est soumis au pillage "autorisé", son potentiel industriel mis au service de la machine de guerre allemande, 1 500 000 hommes restent prisonniers dans des camps. Divisée en deux principales zones (zone libre et zone occupée), la France est démantelée. En outre, sous peine de répression, tout Français doit obéir aux autorités occupantes.La Résistance est donc une lutte illégale contre l'occupation allemande. Etudier la Résistance, c´est chercher à comprendre ce qui a poussé ces hommes et ces femmes à poursuivre le combat, mais c'est aussi se poser les questions suivantes: comment est- elle née ? Qui étaient les résistants ? Comment s´est- elle organisée ? A-t-elle eu des problèmes? Dans quelle mesure a-t-elle contribué à la libération de la France ? Il s´agit en fait de chercher à en savoir plus sur la mystérieuse armée de l'ombre.

COMMENT NAÎT LA RÉSISTANCE ?

L'acte de naissance de la Résistance fut probablement l'appel du 18 juin 1940 lancé à la BBC- la radio de Londres- par le général de Gaulle affirmant que la France avait perdu une bataille mais non la guerre.
À partir de ce moment, de Gaulle s´efforce de rallier à lui ceux qui veulent continuer le combat contre Hitler et il constitue une force militaire, les Forces Françaises Libres (FFL) dont il est reconnu chef le 28 juin 1940. Cela étant, les unités françaises en armes ne comptent que 7 000 hommes en août 1940 et ne suivaient que des ordres britanniques.
En même temps en France, c'est la période des actes spontanés, le plussouvent individuels comme par exemple tracer à la craie, sur les murs, la croix de Lorraine (symbole gaulliste), le V de victoire ou "À bas les Boches". Ceux-ci deviennent plus collectifs comme la manifestation lycéenne et étudiante du 11 novembre 1940 à l'Arc de Triomphe. Ainsi naquît la Résistance intérieure.

QUI SONT LES RÉSISTANTS ? COMMENT SONT-ILS ?

Les résistants sont le plus souvent des jeunes, ils se caractérisent par un anti-conformisme qui souvent les pousse à rompre avec leur milieu pour devenir des clandestins et à revêtir une autre identité.
Intellectuels, démocrates, catholiques, socialistes, tous se sont engagés volontairement pour soutenir un idéal national, la défense la liberté et la lutte contre la domination nazie. Par ailleurs, près de la moitié des résistants ont moins de 30 ans, les 30-40 ans formant un plus du tiers.
La résistance est davantage l'affaire des hommes que des femmes, encore que celles-ci jouent un rôle notable. On estime qu'elles représentent 10 à 20% des effectifs résistants.
La plupart des catégories sociales y sont représentées, mais dans une proportion variable. La catégorie la moins représentée est la paysannerie parce qu'elle renferme les valeurs archaïques soutenues par le régime de Vichy. A l´inverse, les ouvriers, victimes urbaines du rationnement et exploités dans les usines qui travaillent pour l´Allemagne rejoignent plus facilement la Résistance. Il y a aussi les classes moyennes indépendantes et les classes moyennes salariées (cheminots, postiers, enseignants).

COMMENT S'ORGANISÈRENT- ILS?

Dès 1941, sur le sol français se constituent des mouvements et des réseaux. En zone nord vont se former Défense de la France qu'anime Philippe Viannay, Libération-nord avec les syndicalistes Christian Pineau et Gaston Tessier. En zone sud, Combat, Franc-tireur et Libération avec Emmanuel d'Astier de la Vigerie, le plus important étant Combat fondé par Henry Frenay.Il faut distinguer entre réseau et mouvement qui sont souvent confondus. Un réseau est créé en vue d´un travail militaire précis: renseignement, évasion de prisonniers de guerre et de pilotes tombés chez l´ennemie, sabotage des moyens de transports et d´usines allemandes. Un mouvement entreprend ses tâches par rapport à la population. C'est elle qui est son objectif et sa préoccupation principale. Les étudiants rejoignent surtout les les mouvements et les militaires préfèrent les réseaux.Avec la rupture du pacte de non-agression germano-soviétique le 22 juin 1941, le Parti Communiste Français (PCF) créé le Front National pour l´indépendance de la France (FN).L'heure du combat armé est venue: le 21 août 1941, Pierre George, connu sous le nom du colonel Fabien, effectue le premier attentat individuel ; l'aspirant Moser est tué à la station de métro Barbès-Rochechouart. La Résistance qui était alors restreinte prend de l´ampleur en 1942.L´une des plus grandes activités de la Résistance est l´essor de la presse clandestine: les journaux s´efforcent d´avoir une périodicité régulière. Leur tirage ne cesse d´augmenter (entre 20 et 50 000 en moyenne). Cette réussite tient du prodige, si l'on songe que le papier est introuvable sinon au marché noir.Outre la propagande, les mouvements étendent leur champ d´action. La fabrication de papiers devient une de leur activité importante. Pour vivre, les Français ont besoin d´une multitude de cartes (laissez-passer, identité, etc) et pour ceux qui ne sont pas en règle, résistants clandestins, juifs, le seul moyen de survie est de se procurer de faux documents, fabriqués avec la complicité de la mairie.Une autre activité s'accroît, celle des groupes francs qui s´orientent vers le sabotage des usines travaillant pour les Allemands, des voies ferrées ou des permanences de partis collaborateurs. Les Francs-Tireurs et Partisans Français (FTPF) - organisation armée dirigée par les communistes et créée en 1942- présents dans les deux zones, donnent l'exemple. C'est aussi vers cette époque que les premiers maquis (lieu retiré -forêt- où s´organise la Résistance pour mener des activités de guérilla) apparaissent.

ONT-ILS DES PROBLÈMES ?

Les progrès de la Résistance ne vont pas sans poser de problèmes : les résistants manquent de moyens qui ne peuvent venir que de l'extérieur, c´est à dire de la France Libre. De son côté, de Gaulle doit s´affirmer auprès des Alliés. L'unification des mouvements et une reconnaissance mutuel sont pour lui une nécessité. Cependant les mouvements, forts de leur autonomie, acceptent difficilement la tutelle d'un chef militaire, trop conservateur aux yeux de certains.
La mission de Jean Moulin, dirigé par de Gaulle, marque un tournant essentiel dans les relations entre Résistance et France Libre. Le 27 mai 1943 se créé le Conseil National de la Résistance (CNR) regroupant les mouvements unis de la Résistance (MUR- c'est à dire Combat, Libération et Franc-Tireur) et les tendance communistes et non communistes et dont le chef est Jean Moulin. Le CNR est chargé d´assurer en France la coordination des mouvements de Résistance, des maquis, de la presse, des syndicats et des représentants.
Avec la loi qu'adopte le régime de Vichy le 16 février 1943 sur le Service du Travail Obligatoire (STO), les maquis vont gonfler. À ce moment là, la répression devient plus forte : en novembre 1943, le maquis dirigé par le communiste arménien Missak Manouchian est arrêté et les membres sont exécutés. Il faut aussi songer que la vie dans les maquis est difficile (manque de matériels, inconfort, froid). De plus les affiches rouges se multiplient sur les murs annonçant la liste des otages fusillés.

EST-CE QUE LA RÉSISTANCE CONTRIBUA À LA LIBERATION DE LA FRANCE?

Avec la création du Comité Français de la Libération National (CFLN) en 1943 qui prend le nom de Gouvernement Provisoire de la République Française (GPRF), l´armée de l´ombre forme un tout organique.
De plus, la création des Forces Françaises de l'Intérieur (FFI) le 23 décembre 1943 regroupant plusieurs groupes comme les FTP, l'ORA (Organisation de la Résistance de l'Armée) et l'AS (Armée Secrète) renforce l'arrivée du jour J.
La Résistance participe le 6 juin 1944 au débarquement des Alliés en Normandie et le 15 août 1944 au débarquement en Provence en multipliant les sabotages et en organisant des insurrections. Les FFI eurent une réelle efficacité militaire qui explique, pour une bonne part, le rythme accéléré de la libération après la fin juillet 1944.
Il y a aussi "les résistants de la dernière heure" pour la libération de Paris. Pendant plusieurs jours, de nombreux accrochages se produisent entre les 20 000 soldats Allemands et les FFI parisiens qui sont 5 500 le premier août, 35 000 le 19 et 50 000 lors de l'insurrection. Le 25 août, le général Von Choltitz signe à la gare Montparnasse la capitulation qui porte les noms du général Leclerc, chef des FFL et du colonel Rol-Tanguy, chef des FFI parisiens.
À L'occasion de l'énorme défilé du 26 août 1944 sur les Champs-Elysées, de Gaulle reçoit l'investiture d'un peuple vainqueur. Le 2 septembre 1944, s'installe le GPRF dans "Paris libéré".

CONCLUSION

La Résistance fut, jusqu'au mois d'août 1944, un choix risqué qui mettait en danger la vie de qui la faisait. La Résistance active mobilisa à peu près 200 000 personnes dont plus de 60 000 périrent dans les combats, devant les pelotons d'exécution ou dans les camps de concentration. On estime que la durée de vie d'un résistant à Paris en 1943-44 était de trois mois. Mais ces statistiques restent très marginales par rapport à la population française de cette époque (37 millions).