foto5 herbin.png

Contexte historique de l'Yonne

Après l’annonce du débarquement allié, la Résistance se développe très rapidement. Les réseaux agissent en coordination avec l’avance anglo-américaine. A Laroche-Migennes, par exemple, le groupe Bayard applique le “plan vert” sur la désorganisation des voies de communications allemandes, à l’annonce du débarquement. 
Les jeunes rejoignent, en nombre de plus en plus important les maquis, lesquels font montre d’un esprit offensif. Les maquisards n’hésitent pas par exemple à attaquer un car de feldgendarmes allemands près de Lichères le 8 juin. Ces offensives sont-elles prématurées? Plusieurs bourgs et villages sont libérés et investis au grand jour par les maquisards comme Brienon et Arces les 6 ou 7 juin, mais aussi comme Diges, Arces, Branches, Beuille, Brion, Boussy en Othe, Guerchy. Ces “libérations” furent éphémères - et parfois, brutalement interrompues par l’arrivée des Allemands. Il fallut revenir à la guérilla.


Un état des lieux daté du 15 juillet donne 700 hommes en armes dans la Forêt au Duc, 700 également dans les environs de Toucy, 260 dans l’Auxerrois, 250 près de St Sauveur, 200 en forêt d’Hervaux, 180 près de Dixmont, d’autres aux alentours de Joigny, Aillant, Etais, etc. Cela dit, le débarquement allié n’entraîne pas immédiatement un effondrement des forces allemandes. Celles-ci, soucieuses de protéger leurs arrières, attaquent durement les maquisards. Dans le département, le maquis “Carnier” (groupe Verneuil) est attaqué près de Massangis, à l’est, d’autres le sont au sud. Le 18 juin, c’est le maquis Aillot qui est attaqué près de Lézinnes. 
Le 13 juin, ces maquis sont devenus des “unités combattantes de la Résistance’. C’est-à-dire que le G.P.R.F. les a intégrés dans l’armée régulière, alors que les Allemands continuent à les considérer comme des “terroristes”. 
Leurs combats sont renforcés et plus efficaces avec l’arrivée des S.A.S. britanniques (unités agissant sur les arrières de l’ennemi, avec pour objectif de démoraliser et de désorganiser). Parachutés en juin 1944, les hommes du Major Frazer rayonnent en 3 groupes, à partir du Morvan dans toute la Bourgogne. Dans le sud du département, ils coopèrent avec le maquis Le Loup (qui intéresse plutôt la Nièvre et libérera Clamecy) et celui de Verneuil, aux Isles Ménéfrier, près d’Avallon). 
Il est quelque peu artificiel d’ailleurs de diviser par département les activités des résistants. De l’Yonne au Loiret à l’Aube, la Côte d’Or ou la Nièvre, la limite est peu visible. Une borne départementale n’est pas la muraille de Chine, et quand Planchez, Montsauche, Dun-les-Place (dans la Nièvre) ou Manlay (en Côte d’or) subissent la violence des soldats allemands, dans tout le Morvan icaunais - et bien au-delà, c’est l’émoi.

Ces dernières violences s’expliquent par le fait que les troupes allemandes en difficulté n’ont plus affaire à quelques groupes épars mais désormais à de véritables formations militaires. Les Allemands manifestent donc la volonté réelle d’éliminer les maquis et font des prises d’otages de villageois comme à Arces, le 22 juin ou à Chailley le 24. Le 9 juin, puis à nouveau le 23 juillet, des combats ont lieu autour de Massangis. Le 20, la Wehrmacht mène une attaque d’importance contre les maquis de la forêt d’Othe, à la limite de l’Yonne et de l’Aube, obligeant les maquisards à se disperser du côté de St-Florentin.

Le 22, Arces est investi par les Allemands, qui trouvent des armes dans le clocher. L’abbé Humeau et 6 autres personnes sont arrêtées.

Le 23 une nouvelle attaque allemande a lieu près de Chailley contre le maquis Horteur, formé de 25 à 30 hommes.

Le 3 juillet, c’est à nouveau contre les maquis du sud que se lancent les Allemands, dans la région de Druges et de Courson (forêt de Fretoy et de Bois Blanc). En août de violents affrontements ont lieu entre maquisards et troupes allemandes en retraite. Citons les combats de Châtel-Gérard, de Chalaux, d’Avallon, de Pontaubert et du tunnel de St Moré.



Pierre RIGOULOT - L’Yonne dans la Guerre 1939-1945 - Vie quotidienne sous l’occupation - La libération - Edition SCRIPTA - Avril 2005


Partenaires
  • Logo Arory RVB.jpg